La filière fioul domestique mise sur le « biofioul » à base d’ester de colza

2019-04-01T14:36:10+02:00

La FF3C (Fédération française des combustibles, carburants et chauffage) a rappelé sa volonté de développer un « bioliquide » de chauffage. Ce produit aurait pour vocation à se substituer totalement, à terme, au fioul domestique fossile.

Alors que les pouvoirs publics ont annoncé leur objectif, via le projet de Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), de remplacer 1 million de chaudières au fioul par des systèmes de production moins émetteurs de carbone d’ici 2023, les professionnels de la filière fioul domestique ont réaffirmé leur engagement à trouver des solutions qui s’inscrivent dans la transition énergétique.

C’est dans cet esprit que la FF3C avait présenté, en novembre dernier, un plan stratégique visant notamment à proposer au marché une alternative au produit issu de ressources fossiles. Ce biofioul, ou bioliquide de chauffage, intégrerait une part d’ester méthylique (EMAG) de colza.

Deux produits, le F10 – composé à 10 % dEMAG de colza – et le F30 – composé à 30 % d’EMAG de colza – pourront être rapidement commercialisés, a rappelé Eric Layli, président de la FF3C, lors d’une rencontre avec la presse organisée le 28 mars dernier.

Des tests d’incorporation de F10 dans un parc de chaudières en fonctionnement sont actuellement menés par le Cetiat. Une autre phase de tests en laboratoire, sur des chaudières disponibles sur le marché, sera ensuite réalisée avec un F30 et même un F50 (composé à 50 % d’EMAG de colza). En parallèle, des travaux ont été engagés par le Bureau de normalisation du pétrole (BN Pétrole) pour établir une norme pour les F10 et F30.

Si l’usage du F10 est compatible avec le parc de chaudières actuel, celui du F30 nécessiterait seulement de changer le brûleur, au moins pour les matériels âgés de moins de 25 ans. Ce qui représente une dépense d’environ 1000 euros.

Quant au surcoût de production par rapport à un fioul traditionnel, la FF3C l’estime entre 2 et 2,5 centimes d’euro par litre pour la F10 et entre 6 et 7 centimes d’euro par litre pour le F30.

L’EMAG de colza permet d’éviter 50 % des émissions de CO2 par rapport à un fioul domestique fossile, insiste la FF3C. De plus, l’adoption du « bioliquide » de chauffage par les consommateurs permettrait d’anticiper sur la réduction de le teneur en soufre dans le fioul, de 1 000 ppm actuellement à 50 ppm en 2024.

A terme, c’est bien la substitution totale du fioul fossile que les professionnels de la filière veulent engager « si possible dès 2024 », avec comme horizon la disponibilité d’un F100 d’ici 2050.

Pour soutenir cette évolution de leur offre, les membres de la FF3C comptent notamment sur une exonération de la TICPE sur la part d’EMAG de colza incorporée dans le bioliquide de chauffage, et sur la mise en place mesures pour l’adaptation ou la conversion du parc actuel de chaudières vers des équipements TPHE (très haute performance énergétique).

Image : FF3C

 

 

 

 

 

 

 

 

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