La filière Hydrogène a son plan de déploiement

2018-06-12T14:33:38+02:00

Les pouvoirs publics ont présenté le 1er juin 2018 un Plan National Hydrogène qui vise à faire de la France « un leader mondial de cette technologie ». En 2019, 100 M€ seront dédiés aux premiers déploiements sous forme de fonds opéré par l’Ademe.

« L’hydrogène peut devenir l’un des piliers d’un modèle énergétique neutre en carbone », a insisté Nicolas Hulot, le ministre de la Transition écologique et solidaire, lors de la présentation à la presse du Plan National Hydrogène.

« La France est à la pointe sur cette filière, et je veux lui donner les moyens de conserver son avance au cœur d’une compétition mondiale déjà féroce car elle constitue un atout pour notre indépendance énergétique mais également un immense gisement d’emplois », a poursuivi le ministre d’Etat.

Le premier volet de ce Plan National vise à créer « une filière industrielle décarbonée » avec un objectif de 10 % d’hydrogène décarboné dans l’hydrogène industriel d’ici à 2023, puis entre 20 et 40 % d’ici 2040.

Dans cet esprit, un système de traçabilité de l’H2 sera mis en place en 2020, et des évolutions seront prises dans la réglementation relative aux gaz à effet de serre, « pour différencier l’hydrogène en fonction de son mode de production ».

Le second volet du Plan Hydrogène vise à développer des capacités de stockage pour les énergies renouvelables, principalement pour les ZNI (zones non-interconnectées). « Outre le stockage sous forme d’hydrogène pour le transformer en électricité, les pistes les plus prometteuses sont le Power-to-Gas », insiste le document présenté par le ministère.

Les pouvoirs publics vont donc « lancer rapidement des expérimentations dans les territoire isolés ». Dans cet optique, les gestionnaires et les distributeurs de gaz devront déterminer « les conditions techniques d’injection d’hydrogène acceptables pour les réseaux ». Un rapport intermédiaire est attendu pour la fin de cette année.

Enfin, dans le domaine de la mobilité, les pouvoirs publics ont l’ambition de déployer « des écosytèmes hydrogène territoriaux » sur la base de flottes de véhicules professionnels.

Le Plan vise ainsi 5 000 utilitaires légers et 200 véhicules lourds (bus, camions, TER, bateaux) ainsi que la construction de 100 stations, « alimentées en hydrogène produit localement » à l’horizon 2023, puis 20 000 à 50 000 utilitaires légers, 800 à 2 000 véhicules lourds et de 400 à 1 000 stations à l’horizon 2028.

Présente à cette rencontre, la ministre en charge des Transports, Elisabeth Borne, a précisé qu’elle comptait sur l’homologation d’un train à hydrogène pour le réseau ferroviaire français « d’ici la fin du quinquennat ».

Par ailleurs, un cadre réglementaire spécifique sera mis en place, d’ici 2018, pour les stations-service distribuant de l’hydrogène. Enfin, un centre international de qualification-certification de composants H2 haute pression pour la mobilité devrait être créé.

Ce plan « est un jalon majeur dans la construction d’une filière compétitive », a commenté Philippe Boucly, président de l’Afhypac (Association française pour l’hydrogène et les piles à combustible).

Image : Air Liquide

 

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