Le carburant à base de micro-algues, pas avant 2030

2016-02-08T12:26:42+00:00

C’est un domaine de recherche qui se développe depuis plusieurs années. L’hypothèse d’un biocarburant 3e génération, à base de micro-algues avance, mais à petit pas. Jérémy Pruvost du laboratoire Algosolis et Isabelle Lombaert-Valot d’Airbus ont fait le point de l’avancée des travaux pour Le Marin

De nombreux laboratoires, comme Algosolis, multiplient les recherches pour développer le procédé. Mais pour le moment, « il n’y a pas d’avenir clair pour ces biocarburants », explique Jérémy Pruvost, responsable d’Algosolis. Il estime notamment que « c’est le marché qui fera que (…) ce sera une réalité ou pas. » Difficile donc de savoir quand une voiture pourra rouler entièrement en biocarburant à base de micro-algues. Le secteur qui pourrait avoir rapidement recours aux biocarburants composés de micro-algues est l’aéronautique. Ce dernier est dans l’obligation de trouver une alternative au kérosène puisque qu’il doit réduire ses émissions de CO2 de 75% et d’oxyde d’azote (NOx) de 50% d’ici 2050.

Total et Airbus mènent des recherches sur les carburants à base de micro-algues depuis quelques années, pour être intégrés à 50% dans le carburant total consommé par un avion. Seulement, un problème se pose à cette alternative : le prix. En effet, si le secteur aéronautique attend avec impatience ce biocarburant, ce ne sera pas possible avant 2020, voire 2030, selon Isabelle Lombaert-Valot, collaboratrice du groupe Airbus. En cause, la conversion d’énergie qui est insuffisante et trop chère. « Il n’y a pas d’usine car il n’y a pas d’acheteur », explique-t-elle à. Elle ajoute que « le challenge, c’est le prix compétitif. Mais il y a aussi la crainte d’une qualité inférieure et d’un approvisionnement non sécurisé. » D’autant plus que la production actuelle est insuffisante pour permettre d’alimenter toute une flotte. Total a effectué des essais aux Pays-Bas, mais la production de nannochloropsis se révèle pour l’heure insuffisante, avec 7000 litres par an et par hectares.

Romain Lambic

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