Octopol : une barge pour traiter les eaux de ballast

2019-04-01T17:06:37+02:00

La barge Octopol a été développée comme un « outil portuaire pluridisciplinaire »

La société d’ingénierie Sofresid a développé une solution portuaire pour traiter les eaux de ballast et récupérer les déchets liquides et solides des navires en escale. Une connexion magnétique standardisée permet à cet équipement d’être immédiatement opérationnel.

(Note : cet article a fait l’objet d’une publication dans la revue « Pétrole & Gaz-Energies nouvelles » n° 1856, septembre/octobre 2018).

Adoptée en 2014, « la nouvelle convention maritime sur les eaux de ballast* est entrée en vigueur en septembre 2017 », rappelle Charles-Xavier Larno, en charge du développement du projet Octopol à l’établissement brestois de Sofresid Engineering. « Elle impose aux navires marchands de traiter ces eaux qu’ils transportent et déchargent dans diverses zones du globe ». On estime ainsi qu’entre 3 et 12 millions de m3 d’eau sont échangés chaque année à travers le monde. Une situation qui peut avoir un impact sur les écosystèmes car des transferts de micro-organismes s’opèrent ainsi entre les différentes régions du globe. Pour répondre à ces obligations, des armateurs ont fait le choix de doter leurs navires d’équipements de traitement spécifiques. Mais selon ces professionnels eux-mêmes, « 60 % de ces systèmes embarqués ne seraient pas complètement opérationnels », précise Charles-Xavier Larno.

Un débit jusqu’à 2000 m3/h

Afin que les ports puissent disposer d’une solution pour les navires en escale, les équipes de Sofresid Engineering ont développé une unité mobile spécifique. Dénommée Octopol (à partir du mot Octopus, communément appelé « pieuvre »), cette barge de 35 mètres de long pour 10 mètres de largeur et 2,5 mètres de tirant d’eau, serait capable de traiter les eaux de ballast jusqu’à 2000 m3/h. « Ce débit est en phase avec les caractéristiques de ballastage des navires et ne sera pas limitant dans les opérations commerciales », insiste Charles-Xavier Larno. Qui plus est, pour augmenter la productivité de cet équipement et donc sa rentabilité, les ingénieurs ont doté cette barge d’une capacité de stockage des eaux mazouteuses (eaux de lavage des citernes, eaux de cales de la salle des machines, résidus de combustibles…). « Cela fait d’Octopol un outil portuaire pluridisciplinaire aidant à la lutte contre les pollutions », commente Charles-Xavier Larno. Pour ce qui est du traitement des eaux de ballast, les équipes de Sofresid Engineering travaillent sur différentes solutions, notamment celle utilisant un rayonnement ultraviolet.

Un service complet

Octopol disposera d’une connexion magnétique standardisée

Un autre aspect innovant de cette barge est sa connexion magnétique standardisée. Cette innovation, qui a fait l’objet d’un brevet, permettra d’assurer le transfert des eaux de ballast – via un flexible – sans attendre que des travaux de modification de tuyauterie soient réalisés sur les navires. Octopol serait ainsi opérationnelle dès sa mise en service, estime Sofresid Engineering. Enfin, pour ce qui du modèle économique, les ports se porteraient acquéreurs de la barge et pourraient ensuite proposer aux armateurs un service complet de traitement des eaux de ballast et de récupération des eaux mazouteuses. « Nous poursuivons notre travail de R&D et nous sommes à la recherche de financement pour réaliser un prototype », conclut Charles-Xavier Larno.

*Ballast Water Management Convention, de l’OMI (Organisation maritime internationale)

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